LA
PASTORALE : DE QUELQUES TEMPS APRES LES ORIGINES*
A HIER ENVIRON...
* C'est que je sais pas à quand remontent les origines !
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A l'origine, la Pastorale se rattache à "l'offrande des Bergers", cérémonie qui se pratique de temps immémorial dans les églises d'Arles et du Contat (Contat Venaissin : enclave de Provence qui appartient aux papes, avec Avignon, de 1274 à 1791), à la messe de minuit, la nuit de noël. Une des plus célèbres est celle des Baux (dès le XVIème siècle) : elle commence par un dialogue chanté entre un pastre et un ange qui lui annonce la bonne nouvelle, forme classique du noël provençal. Puis bergers et bergères marchent vers l'autel ay rythme des fifres et des tambourins avec, en tête du cortège, la charrette de l'agneau, petit char avec un agneau dessus, tout simplement. Tè, ça me fait penser à la fois où un collègue i nous a amenés à la messe de minuit, à Eyguières. Oh, c'était trop méchant ! Y'avait les bergers, les moutons et tout dans l'église. On chantait "De matin, ai rescountra lou trin, de très gran réi qu'anavon en vouiage " Hé bé, mon père, y dormait !!! Oh pour de bon, j'y crois pas, y'avais les moutons "bè,bè,bè", les cloches "dling,dling,dling", les chansons "Di matin..." Hé bè lui y dormait ! Trop fort ce Toinou... Bon du coup je sais plus ou j'en suis moi. Ah ouais : A Marseille, une pastorale aurait été célébrée au XVI dans l'église des Accoules... D'autre part, on peut rapprocher de l'offrande des bergers, celle des pêcheurs de la Tourette qui, jusqu'en 1940, rapportaient leurs plus beaux poissons pendant la messe de minuit à l'église Saint Laurent. La Pastorale : du sacré au profane.
Les pastorales à l'origine sont plutot, on l'a vu, un dialogue entre les anges et les pastres de Bethléem. Mais ces éléments, sous l'influence des noëls et des crèches parlantes, s'enrichissent d'autres éléments profanes et locaux. Bethléem en Galilée devient Betelen en Prouvènço "Belen". La première des pastorales qui nous ait laissé un texte imprimé est celle de l'abbé Thobert : créée à la fin du XVIIIè siècle, elle a un grand succès durant un demi siècle. Il s'agit, là encore, de dialogues entre les anges et les paysans, sur notre tendre et pieuse. A. D'AGNEL et L. DOR dans leur excellente étude (Noël en Provence, 1927) la qualifient de chef d'oeuvre, en voici un extrait : "En si retournant din noustrei champs Célébren l'amour daou Tout-Puissant Pèr nous sauva s'es fach enfant S'es abeissa jusqu'au néant" Une pastorale de 1817 créée pour une crèche parlante installe le mélange du profane et du sacré. Y sont chantés, entre autres, des Noëls et des romances sans grand rapport avec la religion. Malgré quelques facéties, cette pastorale garde un caractère religieux. Enfin les pastorales prennent une orientation théatrale avec librettistes, acteurs, affiches et promotion dans les journaux. La Nativité n'est désormais plus le thème mais le prétexte de farces et de plaisanteries. C'est la pastorale Maurel. La Pastorale MAUREL : PISTACHIE !!!
C'est en 1844 qu'est créée, à Marseille, à l'initiative de l'abbé Julien, directeur d'un cercle d'ouvriers, dans la rue Nau, la pastorale composée par ANTOINE MAUREL, miroitier-doreur et membre du cercle. Parmi les 400 membres sont recrutés d'habiles ouvriers pour monter la scène, et les acteurs de la pièce, pour interpréter cette oeuvre d'essence populaire. La pastorale Maurel est jouée sur toutes les scènes marseillaises de l'époque. Les personnages représentent le peuple du moment, avec ses manières, ses défauts et ses excès; ils sont le reflet, passé au crible de l'auto-dérision, des moeurs locales. C'est Barnabé, le meunier; le Bohémien et son fils Chicoulet; Pimpara; le rémouleur; Pistachié, le grand comique de la pastorale, l'idole de COUSIN Productions, l'inspirateur de E VOGO LA GALERO; Giget, le bègue, l'Aveugle qui pleure son fils disparu; Roustide, le vieux garçon élégant; Jourdan et sa femme Margarido... Quant à la pièce proprement dite, elle comprend cinq actes pendant lesquels... SI VOUS AVEZ MANQUE LE DEBUT : l'ange Gabriel annonce aux bergers la naissance du Messie. Ceux ci vont répandre la bonne nouvelle et les personnages aparaissent... SI VOUS DORMEZ AVANT LA FIN : tout est bien qui finit bien et les Rois Mages arrivent devant la crèche, apportent leurs présents et patin-couffin. Entre temps, Pistachié soulève l'enthousiasme, provoque l'hilarité, à la plus grande joie des foules.
DE LA PASTORALE A LA PASTO-OAÏ Dans la foulée de la pastorale Maurel, d'autres connaissent des réussites inégales et des fortunes diverses : la pastorale Bellot, riche en sympathiques fautes de goût mais tout aussi vivante et typique que la précédente. Ce qui n'est pas le cas de la pastorale du théâtre Bourgeois de la rue de Lille, d'une note plus religieuse et d'où sont exclus les Noëls provençaux. La plus célèbre de toutes est la pastorale du théâtre de Chave, oeuvre sans cesse remaniée et reremaniée. Dès sa création en 1842, elle bénéficie d'interprétations admirables. Parmi les acteurs qui contribuent à son succès, on peut nommer : Auguste THOMAS dans le rôle de Barthoumièu (alias Pistachié) et BLONDEL, le marchand de vin du Panier, dans celui du conse (le maire), rôle qu'il a créé. Les pastorales savent s'adapter aux turpitudes politique de leur temps, ainsi dans l'une d'elle, en 1870, les anges annoncent la venue du Messie sur l'air de la Marseillaise ! les bergers, incrédules, leur répondent sur celui de Cadet Roussel ! Enfin, d'autres se laissent aller à de joyeuses plaisanteries, ainsi celle-ci dans laquelle le petit Jésus présente ses fesses, en guise de figure, aux rois Mages venus lui rendre hommage. De nos jours, on joue encore des pastorales, dont LA Maurel, une bonne raison, parmi tant d'autres, pour les apprécier, de réapprendre le Provençal. A voir tous les ans, en janvier, au THEATRE MAZENOD à marseille. Retrouvez les santons présents sur cette page sur http://www.santons-volpes.com |